2007-2017
le blogue de nos 10 ans

Depuis quelques années, de façon régulière mais non envahissante, OPEX CONSEILS poste des courriels à une liste restreinte de clients et amis. Courts, humoristiques, ces envois dévoilent les stratégies associées aux nouvelles victoires d’Opex, partagent trucs et astuces, etc.

Durant cette année anniversaire, plusieurs de ces courriels seront ici reproduits. Les plus percutants, mais aussi les plus drôles ou les plus originaux. S’ils vous instruisent, vous nourrissent, vous intéressent, ne manquez pas de les lire. Car il y a toutes les chances que le blogue de nos 10 ans passe à la trappe d’un geste volontaire dès le moment où nous passerons de 2017 à 2018. Toute bonne chose a une fin !

Entrevue avec Jean Arsenault

En 2007, Jean Arsenault croise l’un de ses anciens employeurs dans les allées d’un supermarché. La coïncidence veut que ce client et ami ait eu vent de deux choses : que Jean a quitté son emploi… et qu’une entreprise qu’ils connaissent tous les deux est justement à la recherche d’un expert en optimisation de processus pour travailler sur un mandat ponctuel de quelques mois.

C’est ainsi qu’est né OPEX CONSEILS. Plutôt que de chercher un nouvel employeur, Jean Arsenault offrirait ses services à toutes les entreprises ayant besoin non pas d’un expert à temps complet, mais d’un expert qui agirait à la manière d’un consultant.

Pourquoi? Comment? Nous avons posé les questions. Jean a répondu.

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En créant Opex Conseils, vous renonciez à ce qui vous attendait dans la suite logique de votre carrière : un poste qui vous placerait sans doute aux commandes des opérations d’une grande entreprise. Vous ne le regrettez pas?

Pas du tout, parce que c’est exactement la fonction que j’occupe aujourd’hui chez mes clients. Pour toute la durée du mandat que l’on me confie, on me donne plus ou moins carte blanche. On me laisse fonctionner à ma manière. C’est d’ailleurs obligé, sinon je ne pourrais pas livrer les résultats attendus.

Sauf que vous intervenez de l’extérieur…

Non, de l’intérieur. Toujours de l’intérieur. C’est pour ça que pour moi, OPEX, c’était la continuité. Quand j’étais à l’emploi de MAAX, de JULIEN, de RENÉ, de MODELEX, de PRÉCITECH, je fonctionnais toujours par projet. Je pensais comme un consultant externe. J’identifiais des objectifs précis et chiffrés, une méthode de travail, un calendrier, etc. D’ailleurs, dès que ce « mandat interne » était terminé, il fallait que je saute sur un autre parce que je ne me sentais pas vraiment utile dans la seule gestion de ce que je venais de mettre en place. Il me fallait un nouveau défi.

Après dix ans d’activités et plusieurs dizaines de réalisations pour une quinzaine de clients, est-ce que quelque chose a changé dans votre façon de faire?

En dix ans, on ne peut faire autrement que de s’améliorer, d’approfondir notre maîtrise, d’acquérir encore plus d’expérience. Il y a une chose, toutefois, qui a beaucoup changé dans ma manière de faire. Il y a cinq ans environ, j’ai décidé d’appliquer à la lettre l’une des quatre convictions qui pour moi sont essentielles à la réussite d’un projet : l’engagement de la direction de l’entreprise. Je pose carrément la question à la direction : « Si l’atteinte des objectifs prescrit des changements profonds au sein de l’organisation, des outils de travail, des manières de faire, si ça bouleverse les habitudes, serez-vous prêt à foncer ou si vous risquez de reculer? » Si l’entreprise n’est pas prête, je leur dis que mon intervention est prématurée, que les objectifs ne seront pas atteints et qu’ils gaspilleront à la fois leur temps et le mien. Je les invite à me rappeler plus tard.

Elles vous rappellent?

Pas toujours, bien sûr, mais ça arrive! Je vous donne un exemple. Une entreprise m’a rappelé un an après notre première rencontre. Un an plus tôt, elle voulait le changement, mais elle le redoutait. Changer, oui, mais pas trop et pas trop vite. Elle n’était tout simplement pas mûre. En partant sur de bonnes bases, avec la volonté qu’il fallait de la part de la direction, ce qui est essentiel, le mandat a été réalisé avec succès. Les doutes, les inquiétudes, les réticences, les hésitations, tout ce qui aurait pu le saboter était pour ainsi dire disparu.

Combien sont prêtes, justement, à entreprendre une démarche d’optimisation des processus? À transformer leur organisation? On pourrait croire que le contexte de la mondialisation, puis des traités de libre-échange, pousse davantage les entreprises à investir dans l’innovation, pour développer des niches de marché où elles seront championnes.

Tous les dirigeants d’entreprises que je connais ont une vision très précise de l’évolution du marché. Normal, parce que souvent ils travaillent vingt-huit heures par jour pour leur entreprise. Alors oui, ils savent que la croissance passe par l’innovation, qu’il faut y investir, mais ils savent aussi que l’excellence opérationnelle est l’une des composantes mêmes de cette innovation. Plus on met d’excellence opérationnelle dans l’innovation et plus on met d’innovation dans l’excellence opérationnelle… plus on avance. Et quand on parle d’innovation en excellence opérationnelle, on parle de modernisation des systèmes, des outils, des méthodes, des processus, de tout!

Vous parlez souvent d’amélioration continue. L’implantation de cette notion, de cette culture, fait d’ailleurs systématiquement partie de chacune de vos interventions. Quel est votre taux de réussite à ce sujet?

Aujourd’hui, je vous dirais que dans 80% des cas, la culture d’amélioration continue que j’implante… est continue. D’ailleurs, ça s’explique par ce que je vous disais plus tôt : depuis quelques années, avant d’accepter un mandat, je m’assure que l’entreprise a vraiment la volonté de changer ce qu’il faut changer pour atteindre ses objectifs. Plus encore, que la direction démontre clairement qu’elle a cette volonté en s’impliquant concrètement dans la démarche. À partir de là, dès que des résultats sont mesurés, cette volonté peut se confirmer de plusieurs façons : par la nomination ou l’embauche d’un responsable de l’amélioration continue, par l’enchaînement d’un nouveau projet d’amélioration, par la mise en place de nouveaux indicateurs de mesure de la performance…

Pour conclure, comment envisagez-vous l’avenir? Celui d’Opex Conseils et celui des entreprises québécoises dans le contexte que l’on connaît?

Le contexte actuel, c’est celui d’une profonde mutation dans les manières de penser et de faire. Tout le monde le sait, tout le monde le constate. La plus grande difficulté, ce qu’il faut absolument combattre, c’est la peur. Quand vous avez peur, vous ne bougez pas. Quand vous ne bougez pas et que les autres bougent autour de vous, vous reculez. Le rôle d’Opex Conseils, c’est d’aider les entreprises à se transformer le plus rapidement possible, à profiter des opportunités.

Ce n’est pas déjà ce que vous faites?

Heu… oui. Effectivement.